Monday, March 30, 2009

Lamont on the University Crisis

Michèle Lamont, who has a new book out on How Professors Think, has given an interview to nonfiction.fr in which she comments on, among other things, the state of French universities. Her remarks, which cut to the heart of the problem not only with the government's reform proposals but also with the status quo, are worth reproducing in full:

nonfiction.fr : En quoi cela tranche-t-il avec le système français actuel ?

Michèle Lamont : Le système français est en transition. Il y a une crise profonde, en partie parce que par le passé, les commissions d'évaluation étaient souvent composées d’un ou plusieurs groupes "affinitaires" dont la légitimité scientifique pouvait être faible, incluant des universitaires proches du politique ou des syndicats, mais qui n'avaient pas toujours un dossier de publications de premier ordre, alors que les chercheurs de pointe pouvaient refuser d’y siéger. Par ailleurs, en France, l'accès à un poste requiert souvent un lobbying préalable qui est humiliant pour le candidat, et qui reproduit des relations de patronage qui sont malsaines et qui vont a l'encontre du développement d'une culture de l'évaluation à même de renforcer la légitimité des universitaires.

Il me semble que le principal problème est que cet univers reste hyper-politisé, en partie à cause de la pénurie durable de ressources. Les universitaires ne considèrent pas toujours comme évident qu'un expert de haut niveau doive pouvoir évaluer un profil ou un projet en faisant abstraction de ses intérêts personnels. Je ne dis pas que c’est toujours le cas aux États-Unis, loin de là, mais on y constate qu'un expert qui ne fait pas d'effort pour séparer de manière explicite ses intérêts personnels de ses critères d'évaluation voit son statut professionnel décroître, et n'est pas réinvité à siéger dans les comités d'évaluation. Le localisme est associé à la médiocrité dans ce vaste système universitaire national où la performance selon des critères universalistes est vue comme une marque de véritable excellence.

Aujourd’hui, il semble que la politique gouvernementale française veuille remplacer le système actuel par une approche managériale, susceptible de renforcer le localisme, et davantage "automatisée" (notamment par l’utilisation systématique d’indicateurs quantitatifs). Les réformes proposées ne semblent pas mettre l'expertise des chercheurs au centre du dispositif d'évaluation. Le système américain marche en partie parce que les évaluateurs sont reconnus en tant qu'experts ayant passé une bonne partie de leur vie à développer une connaissance approfondie de leur domaine de recherche, ce qui leur permet de déterminer quelle sont les nouvelles questions qui valent la peine d'être explorées. Dans le contexte français, cette prérogative de l'expert est aujourd’hui mise en question. Il semble y avoir une crise profonde de l'expertise de recherche, ce qui est assez surprenant dans un pays ou la vie intellectuelle est si centrale pour l'identité nationale.

What the G20 Will Do

Previewed here. Bottom line: Europeans win big, US loses big, and--if you believe the conventional wisdom--this means a longer depression and slower growth in recovery, so we all lose big, but especially the developing countries. Hence the importance of the still-unresolved issue, how much additional funding will be made available to the IMF. If it's $250 billion, that's bad news for much of the world; if it's $750 billion, the news is better.