Tuesday, June 30, 2009

Deflation in the Eurozone

For the first time in the history of the euro, the Eurozone is experiencing deflation. Some attribute this to the severity of the slump and the timidity of the collective European response. Others, including the influential tandem of Merkel and Trichet, see it as a passing phenomenon and argue that exploding government indebtedness means that combating inflation should remain the primary goal of monetary policy.

The stakes are high. Should deflation prove persistent, it will add to the burden of the indebted, both public and private, and make recovery from the crisis increasingly difficult. But les jeux sont faits. The ECB seems highly unlikely to reverse its current diagnosis anytime soon. So we simply must wait and see what happens. (Note that the prices of key commodities, like oil, are rising again, so this deflation cannot be explained by falling prices of primary goods.)

Guaino Stoned

Henri Guaino, President Sarkozy's special advisor and speechwriter, was out riding with the cops in Montfermeil at 1 A.M. when the car he was in was stoned by persons unknown. An interesting way for M. Guaino to spend his evenings ...

Compare and Contrast

In 1914, Henry Ford fired 900 workers for observing Eastern Orthodox Christmas. "If these men are to make their home in America," a Ford official said, "they should observe American holidays." (T. Jackson Lears, The Rebirth of a Nation, p. 263).

"Je veux le dire solennellement, elle [la burqa] ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République française. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité. Ce n’est pas l’idée que la République française se fait de la dignité de la femme."
(Nicolas Sarkozy, address to le Congrès, 22 June 2009)

Discuss amongst yourselves.

UPDATE: A lawyer defends the burqa. A Muslim woman opposes it.

Credit Where Credit Is Due

Maître Eolas finds cause to pay homage to Rachida Dati after she leaves office: it seems that she corrected a judicial error that no one else seemed to know how to fix.

A Little Cynicism

Cynicism is an occupational hazard of the political commentator. I try to avoid it, but sometimes events force my hand. A case in point is today's news of the abrupt dismissal of 30,000 EVS, or emplois vie scolaire. Schoolhouse helpers, I guess one might translate. What did they do?

Ces EVS ont été embauchés en 2006 pour faire de l'encadrement, via notamment les contrats aidés mis en œuvre par Jean-Louis Borloo, alors ministre de la cohésion sociale, et destinés aux allocataires du RMI et aux chômeurs en fin de droits percevant l'allocation spécifique de solidarité.


What an idea! You take the long-term unemployed, about to run out of benefits, and save them from destitution by putting them into the schools for the purpose of encadrement (a word lovely for its ambiguity as well as for its faint reek of the military). Well, that's one way to get the unemployment numbers down (and to hide the social cost of unemployment in the budget of l'Education nationale), but it isn't likely to have produced much bang for the buck in educating the children or preparing the formerly unemployed for reinsertion into the work force in a real as opposed to a make-work position. No wonder the suddenly dismissed feel betrayed. No wonder the ministry of education was eager to rid itself of this burden. No wonder people feel cynical about politics.

Le dégraissage du mammouth ain't pretty.

Moreau on Translating Political Thought

This post will probably interest few readers (Mel and Steve, this one's for you), but it's of great interest to me in my work as a translator of many political thinkers. Pierre-François Moreau, the editor of a new edition of Spinoza, offers these remarkably cogent thoughts about translation:

La vie des idées : Qu’en est-il maintenant des principes de la traduction ?


Pierre-François Moreau : Ils sont très simples. On part du principe que Spinoza, comme tout philosophe, s’exprime dans un lexique relativement stable. Cela ne veut pas dire que tous les textes spinoziens sont de la même intensité lexicale. Il y a deux pôles : un pôle systématique avec une série de termes qui renvoient à un champ sémantique dans lequel est prise une expression de sa pensée. Substantia, imperium, libertas, etc. ont une signification forte, qui n’est peut-être pas constante, mais qui varie dans des limites conceptuelles. À côté de cela, il y a la langue ordinaire. Ce serait trop simple, bien entendu, si l’on pouvait diviser le texte en ces deux catégories : il y a toute une série de degrés. Le rôle du traducteur est de jouer sur ces degrés et d’arriver à rendre au maximum une équivalence. C’est pourquoi le vieil axiome selon lequel le traducteur est un traître est parfaitement faux. C’est là une vision spiritualiste de la traduction. En réalité on peut très bien traduire sans trahir. Le degré de fidélité du traducteur renvoie à son degré de réflexion sur la conceptualité du texte. Celle-ci ne consiste certainement pas à rendre un mot latin par un mot français, car le mot latin peut correspondre à plusieurs mots, par exemple, le mot imperium renvoie à deux champs sémantiques classiques : le champ militaire (le commandement), et un domaine juridico-politique. Il est parfaitement légitime d’utiliser deux termes. Ensuite à l’intérieur d’un même champ sémantique, ce serait une erreur de le traduire par un très grand nombre de mots différents ; mais d’un autre côté ce serait une erreur de le traduire toujours par le même terme, ce qui reviendrait à tordre la langue d’arrivée. Il faut alors choisir un petit nombre de termes et les indiquer au lecteur. Par exemple, imperium au sens juridico-politique peut être traduit par « État » et « souveraineté ». Et ensuite il faudra éviter de traduire par un même mot français plusieurs mots latins. Sinon le lecteur risque de reconstruire une cohérence fausse en s’appuyant sur une permanence lexicale qui n’existe pas dans le texte latin. À cela s’ajoute la nécessité de constituer un glossaire qui permet d’exposer les choix que le traducteur a faits. Donner au lecteur les clefs et les conditions de sa lecture, c’est lui donner les possibilités d’une lecture scientifique.


This pragmatic and reasonable approach to the problem of conceptual translation is a refreshing antidote to Straussian dogma.