Saturday, February 19, 2011

Self-Blinded

Jean-François Bayart describes what he sees as a government that has systematically put out its own eyes by politicizing and censuring the research arms of various ministries, especially the Foreign Ministry (h/t Laurent Bouvet):

Quoi qu'il en soit, j'ai donc servi pendant quinze ans sous des ministres appartenant à des majorités successives, et sous l'autorité de directeurs qui étaient généralement proches de ceux-ci, souvent pour appartenir à leur cabinet. Ainsi de Bruno Racine, avec Alain Juppé, et de Michel Foucher, avec Hubert Védrine. Jamais ces directeurs n'ont fait entrer en ligne de compte des considérations partisanes dans le mode de fonctionnement interne du CAP. Remarquable leçon d'éthique républicaine ! Je puis dire en connaissance de cause que le CAP a produit, pendant cette période, des notes, sur la plupart des situations, que la suite des événements n'a pas démenties. Il est vrai que le ministère a pu parfois faire preuve de frilosité par rapport à des analyses hétérodoxes, et que les directions ou les ambassades voyaient souvent d'un mauvais œil l'indépendance d'esprit que permettaient au CAP la coexistence en son sein de diplomates et de chercheurs et son rattachement direct au cabinet du ministre. Mais les politiques auraient-ils pris en considération, ne serait-ce que la moitié de la production de cette unité de prospective, ils auraient été parfaitement avertis des dangers de certains des volcans sur lesquels ils prenaient leurs vacances.

2 comments:

Mark said...

Sounds sadly similar to what took place under Bush-Cheney-Rumsfeld. Of course, the intellectually superior French foreign ministry would never do something so terribly crass and so bluntly ideological as to bend research to prejudice. I'm sorry I meant to say political vision. "Oh no no, not us. Jamais!"

Louis said...

For what it's worth, my witness account on Michel Foucher goes largely in the same direction as Bayart's paper. A clever man, if not of course infaillible, with extremely tight links to the academic world and various "experts", well read, knowledgeable, and open to discussion. Old-fashioned class, if you ask me, and it was a pleasure listening to him in various conferences. All in all the CAP is a good shop. But using it cleverly in policy-making is something else entirely.