Thursday, March 10, 2011

Birnbaum on Jacob and Populist Rhetoric More Generally

Pierre Birnbaum, whose book Un récit de "meurtre rituel" au Grand Siècle I happen to be in the midst of translating, has this to say about Christian Jacob's recent dérapage concerning Dominique Strauss-Kahn:


Pierre Birnbaum : Il ne s'agit pas de s'indigner des propos de M. Jacob, mais simplement d'essayer de les replacer dans le cadre politique d'aujourd'hui et de voir ce qu'ils ajoutent, au fond, au débat contemporain qui tourne autour de la question du populisme, lancé par les interventions de M. Mélenchon.
Dans un cas comme dans l'autre, au nom d'une entité globale qui est supposée être celle du peuple, ou au nom de l'identité des terroirs, on remet en question la candidature d'une personnalité politique qui a quitté le terroir depuis quelques années pour siéger à la direction du FMI, dont le siège est aux Etats-Unis.
Donc, il s'ensuit une sorte de nuage de métaphores, qui englobe une dénonciation des élites, du libéralisme économique, des Etats-Unis, et, par-delà, de l'argent. En réalité, c'est bien cela qui est visé : la vieille opposition entre la terre et l'argent, d'autant plus que M. Strauss-Kahn règne à la tête du FMI, chargée précisément de la stabilisation des affaires financières mondiales.
Pour en revenir aux propos de M. Jacob, qu'il faut analyser de près, on ne peut que constater qu'il emploie une rhétorique, qu'il en soit conscient ou non, fortement ancrée dans l'imaginaire politique français, à laquelle recourent surtout les droites radicales, mais que ne dédaigne pas du tout l'extrême gauche, influencée elle aussi par un discours populiste davantage que par une lecture marxiste du monde.

2 comments:

brent said...

If this excerpt is a fair sample of M. Birnbaum's prose, in translating him you have my sympathies. I am looking in particular at the convoluted way that sentences that begin by discussing M. Jacob and the radical right somehow find their way, through many twists and turns, to an indictment of M. Mélenchon and the radical left. A strange magnetism. In the longer interview JLM's 'populism' seems to consist in his opposition to the finance sector as presently constituted, and his advocacy for 'simple people.' Birnbaum somehow elides this benign and banal posture with virulent remarks by the right to the effect that Jews such as Blum and Mendès-France are disqualified to represent the French people by virtue of their ethnicity. (Jacob to his credit was far less explicit, and may not have fully intended to place himself in that tradition.) In any case Birnbaum's attempt to link the left to this noxious brand of 'populism' is unsupported and disgraceful, particularly where Mélenchon has abundantly explained his entirely different understanding of what his own 'populism' consists of.

Arthur Goldhammer said...

From another interview with Birnbaum on Mediapart:
Prenons Qu'ils s'en aillent tous!, le livre de M. Mélenchon, qui est un homme parfaitement honorable et que l'on ne saurait soupçonner en rien d'une quelconque vision antisémite.Néanmoins, son vocabulaire et ses images sont liés à un certain imaginaire. Quand il parle en permanence du mur d'argent, des gens gorgés, de ceux qui se goinfrent, de tous ces gros : une telle nomenclature de condamnation morale va au-delà d'une analyse du capitalisme (assurément inégalitaire et exploiteur, nous le savons tous). Pour autant, faut-il en arriver à cette rhétorique?

Quand les radicaux inventèrent ces expressions, ce n'était pas explicitement pour dénoncer Rothschild. Mais ces expressions furent utilisées par les antisémites qui supposaient juif le mur d'argent et juifs tous les banquiers. Les vocabulaires forment une chaîne, les images s'attirent les unes les autres. Dans les métaphores et les pamphlets de l'époque, le gros, c'était toujours un gros juif. C'est absurde, les gros banquiers ou industriels n'étaient pas juifs mais catholiques ou protestants, au XIXe et au XXe siècle. L'historien Jean Bouvier a bien montré comment la grosse banque est encore enracinée dans la province (Crédit Lyonnais, Banque du Nord...). Il n'empêche que l'imaginaire fait du banquier le juif: le juif c'est l'argent, l'argent c'est le juif. Les imaginaires s'emboîtent alors. C'est ce risque qui plane sur DSK, qui dirige la plus «grosse» banque mondiale...
http://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/030311/pierre-birnbaum-et-le-danger-de-linvocation-des-terroirs?page_article=2