Wednesday, May 18, 2011

Libé Article

I mentioned that I was quoted in Libé today. Lorraine Millot, the author of the piece "'Laxisme' contre 'puritanisme'" was kind enough to send me the text:


Si l’on en est arrivé jusqu’à cette affaire du Sofitel, n’est-ce pas aussi la faute des Français qui «savaient» depuis longtemps que Strauss-Kahn était un«prédateur» et n’avaient rien fait pour le stopper ? Depuis dimanche, la question est sous-jacente dans les commentaires des journalistes américains qui reprochent aux Français d’avoir «fermé les yeux» (Wall Street Journal)ou rappellent que l’Hexagone avait ouvert ses bras à Roman Polanski, fuyant la justice américaine pour le viol d’une mineure…
Au «laxisme» français s’opposerait donc la plus grande rigueur morale des Américains… Comme souvent, le cliché est en partie vrai, mais en partie seulement. «D’une façon générale, il est vrai que lorsque des questions se posent sur la vie privée d’un homme politique, les médias américains cherchent à les éclairer, explique Arthur Goldhammer, chercheur à Harvard et auteur du blog «French Politics». Quand, par exemple, une femme politique, comme Aurélie Filipetti, fait état d’une drague "très lourde, très appuyée" que lui aurait infligée un homme politique [Strauss-Kahn, en 2008, ndlr], aux Etats-Unis, les journalistes auraient cherché à savoir ce qui s’était passé, ce qu’il y avait eu de "lourd et appuyé". En France, visiblement, il n’y a eu aucun suivi journalistique. Mais il est faux d’affirmer pour autant que les Américains ne sont que des puritains. Les Etats-Unis aussi sont un pays compliqué, où l’on ne peut prédire à l’avance qui survivra à un scandale sexuel et qui n’y survivra pas.»Fille illégitime. Les chambres à coucher des hommes politiques américains sont loin d’être transparentes, a-t-on pu constater hier encore : plus de dix ans après les faits, l’ancien gouverneur de Californie, Arnold Schwarzenegger (qui a achevé son deuxième mandat en janvier), a soudain annoncé qu’il était le père d’une fille illégitime conçue avec une employée (lire page 15).Avant sa première élection en 2003, Schwarzenegger avait lui aussi été accusé de harcèlement et d’abus sexuels par le Los Angeles Times, qui citait les cas d’une dizaine de femmes différentes. Il n’avait pas été poursuivi, et cela ne l’avait pas empêché d’être élu.
Un autre bel exemple de la complexité américaine est celui d’Eliot Spitzer, l’ancien gouverneur de New York : en mars 2008, il avait dû démissionner après que le New York Times a révélé qu’il était le client régulier d’un réseau de prostituées. Depuis juin 2010, il est le présentateur vedette d’une émission très regardée, tous les soirs à 20 heures sur CNN, où il mène depuis lundi les interviews sur… les turpitudes de DSK. «Il n’y a pas de règles claires, aux Etats-Unis non plus, sur la façon dont on doit couvrir la vie privée des hommes politiques», souligne l’historien Robert Zaretsky, professeur à l’université de Houston. Les déballages sur leur vie privée sont aussi relativement récents, rappelle-t-il : «Personne ne s’intéressait jadis au fait que Roosevelt ou Eisenhower trompaient leur femme. Les liaisons de John F. Kennedy n’ont jamais fait scandale. Et il y avait des rumeurs sur le premier président Bush, qui n’ont pas été tirées au clair.»«Womanizer». Ce n’est qu’avec Bill Clinton que les médias américains ont commencé à se déchaîner sur une affaire qui n’était qu’une liaison extraconjugale, entre adultes consentants, avec une stagiaire de la Maison Blanche, la fameuse Monica Lewinsky. La raison de ce changement serait l’effet combiné de la droite religieuse, qui a pris son essor à ce moment-là, et des nouveaux médias, explique Robert Zaretsky : «Si les choses ont ainsi évolué aux Etats-Unis, depuis Bill Clinton, c’est pour beaucoup dû à Internet, avec notamment le Drudge Report et les chaînes câblées comme Fox News, qui se font volontiers chambres à rumeurs plutôt que collecteurs d’informations. Je pense que la façon dont sont traités les hommes politiques va aussi changer en France sous l’effet d’Internet.» Le cas Strauss-Kahn suggère également que les usages français et américains ne sont peut-être pas si opposés qu’on le dit. Depuis 2007, DSK vivait et travaillait aux Etats-Unis où sa réputation de womanizer était bien établie, sans que cela l’empêche d’être très respecté comme patron du FMI. En 2008, le conseil d’administration du Fonds avait accepté d’étouffer l’affaire de sa relation avec une subordonnée, la Hongroise Piroska Nagy, bien que celle-ci ait indiqué que Strauss-Kahn avait «abusé de sa fonction pour parvenir jusqu’à moi».«Pendant toute la période passée par DSK au FMI, j’ai entendu des rumeurs à son sujet, témoigne un ancien administrateur de l’institution. On disait qu’il ne fallait pas le laisser seul dans une pièce avec une belle femme. Pour choisir ses proches collaborateurs, on faisait aussi attention à éviter les jolies femmes… C’est un vrai problème maintenant pour le FMI car je pense que la police new-yorkaise va vouloir venir poser des questions sur tout cela.»

6 comments:

Kirk said...

I think there are two main points regarding Clinton. 1) Cable news had just started, and 2) the Republicans hated him with a passion. Now that cable and the Internet are permanent, these things fill empty spaces.

Anonymous said...

I don't get the connection with puritanism . Sexual assault is also a crime in France. The difference of perceptions between French and Americans has a lot more to do with (1) the condition of women in France, (2) French ambivalence towards the law in general and (3) unhealthy connections in France between journalists and politicians. The victim was a recent immigrant. She followed up on the case not because she is a protestant prude but because she knew she was in a nation of laws where the institutions would protect her. Seems like blaming American "puritanism" provides a convenient way for French society to deflect responsibility and avoid any real exercise in self-scrutiny

Philippe

Cincinna said...

Similar, although not identical sexual harassment, rape, and worse have been found in the corridors of power in the US, and covered up by the press, staff and political allies. 
  In the past,
  FDR 
  EISENHOWER
  JFK
  RFK
  TED KENNEDY
   More recently:
   CLINTON 
   JOHN EDWARDS
    JIM Mc GREEVEY
    ELIOT SPITZER
    ARNOLD
    ALAN HEVESI
     
         It has nothing to do with Puritanism, everything to do with the arrogance of power and money, hypocrisy, double standard, and the power of celebrity. 
  Let's get past these ridiculous conspiracy theories: in a recent poll, 57% of French, 78% of Socialists believe DSK was set up. 
  And 
the new round of glee and smug superiority of French media and Socialist Party elites trashing America. 
  DSK is in very serious legal trouble of his own making. It can be a morality tale for all men in power. Or they can all go back to business as usual, but under the scrutiny of an ever vigilant electorate (at least in the US). 
  

    

MYOS said...

Eleanor Beardsley (NPR), whose French and insight are remarkable, was interviewed on iTélé. Tidbits I typed as she spoke:

(I didn't type

"je ne vous reproche pas de ne pas en avoir parlé, je vous reproche de ne pas avoir cherché. quelqu'un aurait dû enquêter et interroger Tristane Banon pour savoir"

(the French journalists keep saying "but she wasn't suing!") "Il y a eu Tristane Banon en 2002, il y a ceci maintenant vous pensez vraiment qu'il n'y a rien eu entre?"
"Si les média et les politiques avaient fait leur travail, il aurait pu être stoppé et il ne serait pas tombé sur qqch d'aussi grave."

"comprenez que les paroles d'une simple femme de chambre a le même poids que la parole du chef du FMI. Et c'est bien, c'est ça la justice."


Also, in two separate discussions someone said "Et Nicolas Sarkozy?"

Boris said...

a few things that may explain some differences of perception :
1) the French tend not to believe everything the police says. I find it surprising that no one in the US has raised that point, and to me it is strange that many people are saying "NYC police would not have acted so quickly if they didn't have some evidence", and from there assuming the accusation is true
2) there have been gross errors in translations in both directions, probably due to haste, and always in the same direction : reinforcing stereotypes
3) I can point to one : BHL (I know he is your bete noire, but trhy not to put words in his mouth) never wrote that DSK should have a special treatement - he said that he received a special treatment, harsher than average.
4) this came after two minor affairs aiming to destabilize DSK : the Porsche and the tailor suits ; as we say "jamais 2 sans 3" - so there was a reflex to view it as a continuity, therefore as a set-up.

my 2 cents...

Anonymous said...

Excellent comparisons between French and American law:
http://www.mediapart.fr/journal/international/180511/la-procedure-accusatoire-americaine-est-elle-si-scandaleuse

(whereby we learn that Patrick Balkany was accused of raping a young woman and was free to walk around until the plaintiff gave up and renounced suing.)

- Maitre Eolas
http://www.maitre-eolas.fr/post/2011/05/16/De-quelques-aspects-juridiques-de-l-affaire-DSK