Wednesday, June 29, 2011

Vive la différence???

The trans-Atlantic feminist wars are heating up again in the wake of the DSK affair. A quartet of French wome (one can't say quadrumvirate!) say, yet again, Vive la différence! and extol what they believe is the delightful légèreté of the French jeu galant, against the American Joan Scott, who is having none of it. Éric Fassin offers an eloquent rebuttal to his French sisters:


L'épouvantail américain se défait en même temps sous nos yeux : les féministes françaises (et non "à la française") ont réussi à se faire entendre, à la faveur de l'affaire, sans complaisance aucune pour le viol, le harcèlement, ou les propos sexistes dont le charme leur échappe. Il ne s'agit donc pas tant de culture nationale que de démocratie. Reste alors la question qu'agite l'antiféminisme depuis deux siècles : la séduction serait-elle incompatible avec la démocratie ? Que devient-elle après l'Ancien Régime de la domination masculine ? Ne nous appartient-il pas de penser une érotique féministe – non moins désirable, mais plus démocratique ?
Sans doute faut-il renoncer au fantasme d'affranchir le sexe du pouvoir : la séduction vise une emprise sur l'objet désiré, à condition toutefois qu'il existe aussi en tant que sujet de désir. Pour être féministe, il n'est donc pas nécessaire de renoncer aux "plaisirs asymétriques de la séduction". En revanche, pourquoi l'asymétrie serait-elle définie a priori, la pudeur féminine répondant aux avances masculines, comme si les rôles sociaux ne faisaient que traduire une différence des sexes supposée naturelle ? Autant dire que les relations de même sexe seraient dépourvues de séduction !
Au contraire, l'incertitude fait le charme d'un jeu qui consiste à improviser sans savoir d'avance qui joue quel rôle. "La surprise délicieuse des baisers volés"n'est délicieuse que si l'on n'est pas condamné à rejouer sans surprise les rôles assignés à chaque sexe par une convention figée. Autrement dit, dans l'érotique féministe, le trouble dans le genre s'avère… troublant. Quant au "respect absolu du consentement", plus qu'une conversation préalable, il requiert une incessante négociation amoureuse. Le contrat sexuel n'est plus la règle définie d'avance, mais l'enjeu d'une partie sans fin. Au lieu d'être nié, ou sublimé, le rapport de pouvoir devient ainsi la matière même de la séduction démocratique.

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