Saturday, February 19, 2011

About "la France des terroirs, celle qu'on aime"

Interesting piece in Rue89 on "la France des terroirs":


A l'inverse de l'intuition de Christian Jacob, un sondage Terre-net BVA publié le 17 février indique que Dominique Strauss-Kahn bénéficie précisément d'une cote de popularité positive dans ces contrées. Un seul autre homme politique est en mesure de le concurrencer : Bruno Le Maire, chiraquien historique et… actuel ministre de l'Agriculture.
A la retraite depuis trois ans, Joseph Jan, le maire de Sevron, qui dirigeait une coopérative agricole, n'est pas surpris que les agriculteurs se retrouvent en la personne de DSK, à défaut de s'y reconnaître. Prenant le contre-pied de Christian Jacob sans toutefois se passionner pour la polémique, il n'y voit rien de franchement paradoxal :
« Ces agriculteurs ont acquis une compétence, un savoir d'économistes. Ils cherchent un regard sur les échanges mondiaux, une connaissance des rapports entre production et consommation.
Les couples d'agriculteurs ont changé aussi : il est devenu très rare que les deux conjoints travaillent sur l'exploitation. Si je pense à deux ou trois exploitations sur la commune, une seule est tenue par monsieur et madame… mais il s'agit d'une ferme de 90 000 poules, ce sont de véritables entrepreneurs. Dans les autres GAEC [Groupements agricoles d'exploitation en commun, ndlr], l'un des deux conjoints travaille dans la banque, le commerce, l'enseignement… »

Self-Blinded

Jean-François Bayart describes what he sees as a government that has systematically put out its own eyes by politicizing and censuring the research arms of various ministries, especially the Foreign Ministry (h/t Laurent Bouvet):

Quoi qu'il en soit, j'ai donc servi pendant quinze ans sous des ministres appartenant à des majorités successives, et sous l'autorité de directeurs qui étaient généralement proches de ceux-ci, souvent pour appartenir à leur cabinet. Ainsi de Bruno Racine, avec Alain Juppé, et de Michel Foucher, avec Hubert Védrine. Jamais ces directeurs n'ont fait entrer en ligne de compte des considérations partisanes dans le mode de fonctionnement interne du CAP. Remarquable leçon d'éthique républicaine ! Je puis dire en connaissance de cause que le CAP a produit, pendant cette période, des notes, sur la plupart des situations, que la suite des événements n'a pas démenties. Il est vrai que le ministère a pu parfois faire preuve de frilosité par rapport à des analyses hétérodoxes, et que les directions ou les ambassades voyaient souvent d'un mauvais œil l'indépendance d'esprit que permettaient au CAP la coexistence en son sein de diplomates et de chercheurs et son rattachement direct au cabinet du ministre. Mais les politiques auraient-ils pris en considération, ne serait-ce que la moitié de la production de cette unité de prospective, ils auraient été parfaitement avertis des dangers de certains des volcans sur lesquels ils prenaient leurs vacances.

Grunberg on Jacob, Mélenchon, DSK, et tout ça

Gérard Grunberg:

Telos a suffisamment critiqué l’anti-sarkozysme systématique de la gauche pour pouvoir ici critiquer un anti-strauss-kahnisme de droite qui fleure bon l’entre-deux-guerres dans son idéologie. Que le Premier ministre couvre Jacob en mettant en avant l’anti-strauss-kahnisme d’une partie de la gauche de la gauche est peut être de bonne guerre politique mais moralement condamnable. Ici, la gauche de la gauche et la droite se donnent la main pour dénoncer en réalité en DSK quelqu’un qui n’est « pas de chez nous », pas vraiment près du peuple. Quant [sic] Mélenchon condamne « l’affameur des peuples » il y a cette même vision d’une sorte d’apatride qui, à la tête d’une organisation elle-même apatride, martyrise les « vrais gens » par un chantage de nature financière. Pour Jacob, comme pour Mélenchon, DSK n’incarne pas la France. Il ne peut donc prétendre à la diriger. Pour l’instant, les sondages disent le contraire quels que soient les commentaires farfelus que l’on entend ici ou là. Certes, les choses peuvent évoluer et tout dépendra de la capacité de DSK lui-même à faire une bonne campagne. Mais si droite et gauche de la gauche accélèrent leurs critiques de DSK c’est qu’elles savent désormais qu’il sera candidat et qu’il risque fort de l’emporter. Dès lors, dans leur propagande politique, la question n’est pas de savoir si DSK pourrait être un bon président mais de montrer qu’il n’est pas vraiment un bon français, qu’il n’appartient pas à « la France qu’on aime ».
So, the campaign is on, and the IMF will undoubtedly be a major issue if DSK is the Socialist candidate. It will be interesting to see how Sarkozy plays this. The allegedly nefarious role of the IMF is of course a given for the extreme left, altermondialistes, souverainistes, and economic nationalists of all stripes. But Sarkozy, inaugurating the G20 yesterday, called upon his fellow leaders to "renforcer, j'allais dire rehausser" the international institution, which he sees as the instrument of the "regulated" capitalism he now desires. So one campaign tack might be to say, "The IMF will play a key role in governing the economy, and DSK's abandonment of his post in the heat of battle has diminished France's influence in this important spot." This is pretty weak stuff, however, and DSK can easily counter by making a gift to France not of "his person" (that would recall Pétain, as Christian Jacob has tried to do) but of the knowledge gained from his years in Washington.