Friday, June 3, 2011

Rumor-Mongering

Those of you who have expressed confident knowledge of the precise target of Luc Ferry's rumor-mongering may be interested in an item that appeared in Le Monde on April 28, 2006, a week after a similar story was published in Le Canard enchaîné. It concerns neither of the two foreign ministers whose names have been bandied about, but a third, M. Douste-Blazy:


Que s'est-il donc passé dans la chambre 312 de la Mamounia, hôtel de luxe de Marrakech, le 31 décembre ? « Une violente dispute, comme il en arrive dans tous les couples », affirme aujourd'hui Philippe Douste-Blazy. Le ministre, en vacances dans l'établissement - une propriété de l'Etat marocain très courue du Tout-Paris des affaires et de la politique - reconnaît s'être violemment disputé ce soir-là avec sa compagne, la productrice de télévision Dominique Cantien.
Un différend peu discret, puisque des voisins du couple, au troisième étage de l'hôtel, ont pu en suivre les péripéties et voir le ministre et sa compagne, légèrement vêtus, s'invectiver dans le couloir.
Le ministre, rompant finalement la querelle, a dû rejoindre la chambre de l'un de ses gardes du corps, avant de quitter précipitamment l'hôtel, à 5 heures du matin. Là, suivi par une voiture de la sécurité, « Douste » a pris la route de Casablanca, d'où il s'est envolé pour Paris.

The timing of this story, the wrath of Jacques Chirac, and its open discussion by other ministers at the time make it seem likely that this is the story Luc Ferry had in mind, and that he was a little confused about certain crucial details (la pédophilie, un détail, as M. Le Pen might say). So here we have an object lesson in the dangers of rumor-mongering. Facts have a way of getting distorted. And there was no cover-up, as you can see. Your intrepid newspaper of record was on the case.

A minor footnote to the tale: Dominique Cantien was Nicolas Hulot's companion before marrying Douste-Blazy, from whom she has since divorced.

Trichet Proposes a More Federal Europe

Jean-Claude Trichet wants a more federal Europe to save the euro. In fact, what he's proposing has been a persistent aim of French governments: greater council control of the European Central Bank and a dual mandate for the bank, something closer to the mandate of the U.S. Federal Reserve. This has always made eminent good sense but has nevertheless been opposed by Germany, historically skittish about "debauching the currency." We'll see how this latest proposal fares in a time of crisis, when half-measures seem not to be working.

Les évènements récents donnent pourtant raison à la France, vingt ans plus tard. En octobre 1990, François Mitterrand, prophétique, avait prévenu qu’une monnaie unique sans gouvernement européen ne survivrait pas longtemps. On y est. Le problème est que les gouvernements, notamment allemand, résistent à une telle communautarisation de la politique économique et budgétaire de peur d’être un jour contraints à leur tour… Comme l’a compris Jean-Claude Trichet, la zone euro ne peut plus rester ainsi au milieu du gué : l’intergouvernementalisme actuel condamne à terme la monnaie unique.

The German Plan for Weaning from Nuclear Power

How do the Germans plan to get off the nuclear grid? Mediapart gives details, starting with this:

Au moins 80% de la production d'électricité fournie par les énergies renouvelables en 2050 (plus de 50% en 2030, 35% en 2020). Aujourd'hui, elles représentent environ 18% de la production électrique globale. L'essentiel de ces nouvelles sources d'énergies renouvelables viendra de l'éolien off shore : jusqu'à 10 mégawatts d'éolien off shore supplémentaire en 2020, et l'objectif qu'en 2050, environ un tiers de la production d'électricité provienne de l'éolien offshore. L'éolien terrestre devrait représenter entre 20 et 25% du mix d'électricité en 2050.
Is this possible? I'm not an energy expert, but this seems like an awfully large bet to place on wind (plus improvements in the transmission network, measures to economize on consumption, etc.). And wind power, even at its current fairly modest level, has aroused opposition.

Mélenchon Is Wrong

In the previous post I agree with Jean-Luc Mélenchon. In this one, I disagree. The right hand giveth, the left hand taketh away. Mélenchon writes:

Au rythme actuel de creusement du déficit fédéral [américain], ce chiffre doit avoir atteint les 1 600 milliards aujourd’hui. Avec plus de 1 400 milliards de trou en 2010, le déficit public états-unien dépasse les 10 % du PIB du pays. C’est-à-dire le même niveau de déficit qu’avait atteint la Grèce au printemps 2010 quand elle a été attaquée par les marchés. En valeur absolue, ce déficit public américain représente tout la richesse nationale de pays comme l’Espagne ou l’Inde. Et chaque jour ce trou se creuse en moyenne de 4 milliards de dollars de plus ! C'est-à-dire l’équivalent de la richesse nationale annuelle de la Guinée. A ce rythme le déficit fédéral devrait atteindre 1 600 milliards en 2011.

He doesn't seem to realize that his critique of the Federal Reserve "and its printing press" puts him on the side of economic cranks such as Ron Paul and that his critique of the federal debt puts him in bed with the Republicans who, suicidally, refuse to raise the debt limit. The faltering recovery in the U.S. requires more, not less, stimulus (= deficit spending) and therefore a larger federal debt. Mélenchon's right-wing Republican reading of the U.S. economic situation is a rather odd position for the candidate of the left of the French left to take. Sigh.

Mélenchon Is Right

I don't always agree with Jean-Luc Mélenchon, but he perfectly captures the uneasiness I tried to express in my post "Charade?" (his historical example is the gutter press of the '30s; mine was Vichy, but the point is the same):

C'était la semaine glauque. De l’affaire DSK à l’affaire Tron en passant par le coup de Ferry, on a bien pataugé. Je me suis tenu à distance des sollicitations médiatique sur ce thème. Car que dire ? Comment dire ? Ce qui est en cause met en jeu de principes également délicats et impératifs. C’est bien pourquoi il y a une justice organisée, avec ses procédures et ses méthodes. Les unes et les autres ne sont pas complexes et lentes du seul fait d’un goût des gens de lois pour les amphigouris. C’est au contraire consubstantiel à la nature des problèmes posés. A cette heure, tout cela est emporté et détruit. D’un côté la justice institutionnelle, de l’autre le tribunal médiatique. Voyeuriste, crapoteux, versatile, il fait feu de tout bois. Il organise le grand déballage et le condamne, fait parler puis fustige les propos. Reprend en boucle le moindre pet de mouche jusqu’à lui donner le retentissement d’une bombe nucléaire. Je suis fasciné par la tentative de prise du pouvoir que cette semaine a permis d’observer de la part des médias. D’abord c’était « avons-nous tu ce que nous savions ». Et de cette pseudo interrogation, puisqu’en réalité ils ne savaient rien qu’ils n’aient montré déjà de toutes les façons possibles, une décision a été notifiée en ritournelle. Dorénavant il y aurait un droit d’inquisition, nommé « devoir d’information » sur la vie privée des personnalités qui ont une activité publique. Ce discours nous en connaissons le fond finalement très années trente et anti démocratique : c’est pire que « tous pourris », c’est « tous pervers ». Les unes de « Marianne » et du « Nouvel Observateur » évoquent bien la presse d’extrême droite de la pire période. La palme au « Nouvel Observateur », qui m’a fait tant de leçon sur mon populisme, avant de publier sa une où la rolls de « ceux qui ont tout » est représentée avec une Marianne républicaine comme bouchon de radiateur ! E avec une cocarde tricolore sur le pare brise ! C’est le fameux refrain de la « gueuse » des journaux de la cagoule et des autres officines antisémites. Dans ce registre le petit cochon à la une de Marianne ne vaut pas mieux. Mais eux au moins ne font pas la morale aux autres. La bonne technique selon moi est de parler d’autre chose et de laisser les voyeurs à leur étrange invasion de l’espace public. D’autant que pendant ce temps il se passe des choses autrement plus décisives.

Gros on EU Woes

Daniel Gros:

The answer [to the question of why sovereign debt default in peripheral countries is such a threat to European finances] is simple: the financial system’s entire regulatory framework was built on the assumption that government debt is risk-free. Any sovereign default in Europe would shatter this cornerstone of financial regulation, and thus would have profound consequences.
This is particularly visible in the banking sector. Internationally agreed rules stipulate that banks must create capital reserves commensurate to the risks that they take when they invest depositors’ savings. But when banks lend to their own government, or hold its bonds, they are not required to create any additional reserves, because it is assumed that government debt is risk-free. After all, a government can always pay in its own currency.
This assumption makes sense, however, only when a government issues debt in its own currency; only then can it order its central bank to print enough money to pay its creditors. Before the introduction of the euro, this was the case in all advanced countries.
...


It is easy to understand why the authorities persist in favoring public debt: the rules are set by finance ministers, who are naturally inclined to give themselves a good deal. Moreover, it is difficult for politicians to see that their budgets compete for a limited pool of savings. Lower financing costs for public debt appear to be a net gain to society, because the government then saves on debt service and can keep taxes lower. But any gains from lower taxes are more than offset by the losses to the private sector, which, facing higher financing costs, will invest less, in turn lowering economic growth – and thus reducing government revenues.
Many steps have been taken in recent years to reinforce regulation of the banking system. But what is proposed now will make lending for investment even less attractive and increase the incentive to concentrate sovereign risk in the banking sector. This can only worsen Europe’s sovereign-debt problem and weaken its already meager growth prospects.

Stiglitz Backs Lagarde

Joseph Stiglitz:


One of the leading candidates to be the IMF’s next managing director has turned out to be a Frenchwoman, Christine Lagarde, who, as France’s finance minister, helped lead her country through the Great Recession. She has been an outspoken advocate of financial-sector reforms, and has won the respect of all of those with whom she has worked.
Politics is not always kind to good candidates. The world should be thankful that there is at least one. Where she was born should not be an impediment to her prospects.

Bergson and Phenomenology

Forget Sloterdijk and BHL. There is always Henri Bergson--once THE French philosopher, an inspiration to Proust, but now largely forgotten. A new edited collection of essays (Michael Kelly, ed.) tries to excavate what remains of Bergson in contemporary philosophical thought:

A special kind of unhappiness marks Henri Bergson's relationship to phenomenology: that of being dismissed by a tradition that has largely absorbed him. This is, at least, how Merleau-Ponty put it in late in his career:
If we had been careful readers of Bergson, and if more thought had been given to him, we would have been drawn to a much more concrete philosophy. . . . It is quite certain that Bergson, had we read him carefully, would have taught us things that ten or fifteen years later we believed to be discoveries made by the philosophy of existence itself. (h/t PG)

Rogoff on the Eurozone

I cited Olivier Blanchard, current chief economist of the IMF, in the previous post. In this one I turn to Ken Rogoff, a former occupant of the same post, for a comment on the control of the IMF:

True, against all odds and historical logic, Europe seems poised to maintain the leadership of the IMF. Remarkably, in their resignation to the apparently inevitable choice for the top position, emerging-market leaders do not seem to realize that they should still challenge the United States’ prerogative of appointing the Fund’s extremely powerful number-two official. The IMF has already been extraordinarily generous to the PIGs. Once the new bailout-friendly team is ensconced, we can only expect more generosity, regardless of whether these countries adhere to their programs.
Unfortunately, an ultra-soft IMF is the last thing Europe needs right now. With its constitutional crisis, we have reached exactly the moment when the IMF needs to help the eurozone make the tough decisions that it cannot make on its own. The Fund needs to create programs for Portugal, Ireland, and Greece that restore competitiveness and trim debt, and that offer them realistic hope of a return to economic growth. The IMF needs to prevent Europeans from allowing their constitutional paralysis to turn the eurozone’s debt snowball into a global avalanche.
Absent the IMF, the one institution that might be able to take action is the fiercely independent European Central Bank. But if the ECB takes over entirely the role of “lender of last resort,” it will ultimately become insolvent itself. This is no way to secure the future of the single currency.

Blanchard on Capital Flows

Olivier Blanchard discusses what he learned from a recent conference on managing capital flows. As always with Blanchard, an instructive read.

Note, in particular, the flows into "emerging" European economies depicted in the graphs here. Food for thought.

Charade?

So what will la Brigade de protection de mineurs learn from Luc Ferry? Probably nothing it couldn't have read in the press some time ago:

 En fait, il a sans doute fait allusion à une rumeur qui a couru lors de la campagne pour les Présidentielles de 1995,  et dont l’Express s’était fait l’écho – pour la démentir. 
Please note the word démentir. Several of you commenters seem to be persuaded in advance that the rumor is nevertheless true. One of you claims that anyone "who had dealings at the rue de Valois knew." Really? How? Was there visible evidence of orgies when you walked into the lobby? Or do you mean, rather, that you knew someone who knew someone who worked at the rue de Valois who gave credence to gossip that might or might not have some basis in fact? Another commenter asserts that the criticism of Luc Ferry shows that the political class is yet again closing ranks. Perhaps. But mightn't it also indicate dismay that a responsible person would choose such an incendiary way to make a grave charge he had never seen fit to make in a more suitable forum than a TV studio?

I'm very much in favor of a higher standard of public morality (see my previous post), but I'm frankly shocked by the eagerness of some of you to leap from délation to condamnation sans appel. Please read a history of the Vichy regime to see the consequences of such credulity.

Sloterdijk Déconne

The DSK Affair has a way of bringing out the worst in philosophy, it seems. First BHL, now Peter Sloterdijk:


Dans cette perspective, les femmes ne sont pas nécessairement soumises par la force, mais consentantes, voire demandeuses ?Oui, une sorte d'ordre féminin regroupe celles qui ont reçu la substance royale. Je ne crois pas que la majorité des amantes de DSK se soient senties maltraitées, mais, au contraire, honorées, distinguées, élues. Être élue par un élu : c'est une forme d'élection au second degré.
...
Aux États-Unis, cette normalité de l'exception doit apparaître comme une anomalie radicale, non ?L'humeur américaine est en effet radicalement différente. Les Américains refusent tout régime d'exception au nom d'une égalité qui constitue le principe régulateur de cette société fondée sur l'immigration. Dans le cas de DSK, ce principe est complètement perverti, car sa célébrité fonctionne en sens contraire. En réalité, son affaire révèle de façon inouïe que l'égalité à l'américaine est une comédie. La teneur en injustice de son acte présumé est, déjà maintenant, bien moins élevée que celle du traitement que lui inflige la justice américaine. Aux yeux du monde entier, il est devenu ce que les Jacobins de 1793 appelaient un "scélérat". Dans la logique jacobine, dont on voit qu'elle peut surgir n'importe où, un "scélérat" est passible d'un syllogisme terrible : si vous êtes suspect, on vous accuse, et si on vous accuse, vous êtes coupable.

The Left and Morality

La Gauche, est-elle morale? is the title of a book by Christophe Prochasson. I am reminded of it this morning by an article in Mediapart. I recall with some embarrassment that I once expressed skepticism about the book's thesis by suggesting that the "technocratic" concern with economic realism was itself a kind of morality, for which I took Dominique Strauss-Kahn as an example. This argument today makes me look rather foolish and Prochasson, by contrast, quite prescient. Here is Michel Noblecourt reviewing Prochasson:

On lira avec passion les pages qu'il consacre aux rapports entre la gauche et l'argent - « la critique morale s'est éloignée au profit du réalisme économique : une collectivité a besoin d'argent pour se développer, le nier reviendrait à l'appauvrir » -, la gauche et le corps - avec un Proudhon, adepte de la « foi conjugale » qui voit dans « l'esprit de luxure et de dévergondage » « la peste de la démocratie » -, la gauche et la mort, le suicide. Prochasson distribue des lauriers de « consciences morales » à ceux qui, tels Jaurès, Blum ou Mendès France, « cumulent les qualités suprêmes du militant : désintéressement, courage, intelligence et culture, allégeance aux principes, sacrifice ».


That passage about la foi conjugale and l'esprit de luxure et de dévergondage strikes home like an unerring arrow. In Mediapart he says this:


 Nous devons exiger de l'homme politique qu'il soit exemplaire, poli, courtois. Dans mon livre, je relaie la stupéfaction du rédacteur en chef de Réformeface à Pierre Moscovici qui menace de quitter un débat si on ne lui libère pas une place sur l'estrade séance tenante. Elle est révélatrice du malaise qu'engendre la discordance entre les comportements d'un homme de gauche et son éthique supposée.

A trivial incident, to be sure, but, as Prochasson says, a revelatory one. He adds:

Ce qui fait défaut à la gauche, c'est la fidélité à une morale ancienne. Dominique Strauss-Kahn, c'est Mitterrand en pire : il était patron du FMI, fréquente les patrons et travaille pour le capitalisme. Être socialiste ne va pas sans une certaine austérité morale. La démocratie est un monde gris, les couleurs, c'est pour d'autres domaines, pour le divertissement, pour le loisir.