Thursday, May 17, 2012

Mediapart Reviews the Ayrault Government

Here.

Two observations worth mentioning:

Ministre délégué aux affaires européennes : Bernard Cazeneuve
Le député de Cherbourg, spécialiste de la défense, rapporteur de la mission parlementaire sur l'attentat de Karachi, hérite des affaires européennes comme ministre délégué. Il n'en est pas à proprement parler un spécialiste. Proche de Hollande, il fut lui aussi, comme Laurent Fabius, un partisan du “non” au référendum européen de 2005 et a également voté contre le traité de Lisbonne. C'est ainsi un signe fort adressé aux autres pays européens: les partisans du non sont désormais les acteurs principaux de la nouvelle politique européenne.


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Ministre de l'économie et des finances : Pierre MoscoviciLa nomination de Pierre Moscovici à ce poste est l’une des surprises de ce nouveau gouvernement. D’abord parce que celui qui a été le directeur de campagne de François Hollande durant la campagne présidentielle n’était pas le favori pour devenir le patron de la forteresse de Bercy. C’est Michel Sapin, ami proche du nouveau chef de l’Etat, qui semblait prédestiné à hériter de ce très important maroquin.
Mais la surprise ne porte pas que cette question de jeu de chaises entre les dignitaires socialistes. Elle est plus profonde que cela. Car Pierre Moscovici, qui aura donc la haute main sur la politique économique, incarne une sensibilité qui n’a pas toujours été celle de François Hollande. Une sensibilité peut-être un peu plus libérale ou droitière… Ce constat doit certes être manié avec précaution, car le nouveau président de la République a lui-même conduit une campagne qui, en matière économique, ne s’est pas distinguée par ses accents radicaux. Et Pierre Moscovici y a donc pris sa part, sans le moindre état d’âme. De surcroît, les deux dirigeants socialistes ont longtemps été des amis proches : au début des années 1990, ils ont ainsi fait ensemble un cours en commun à l’Institut d’études politiques de Paris, et ont prolongé ce travail en tandem en en faisant un livre L’Heure des choix (Editions Odile Jacob, 1991).
Il reste que Pierre Moscovici est une pièce rapportée dans la “famille hollandaise”. Longtemps, il a été le plus proche collaborateur de Dominique Strauss-Kahn et a donc été l’un des défenseurs du courant social-libéral que l’ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) a voulu incarner. L’installation de Pierre Moscovici dans l’un des ministères les plus puissants doit-elle être interprétée à l’aune de ce parcours ? Suggère-t-elle que la politique économique conduite par le nouveau gouvernement sera globalement très peu hétérodoxe, ou si l’on peut dire, un tantinet libérale ?
Ministre délégué au budget : Jérôme Cahuzac
D’autres signes peuvent le suggérer. Il y a d’abord le choix de Jérôme Cahuzac au budget. Celui-là était, certes, beaucoup plus attendu. Ancien président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, il maîtrise parfaitement à ce titre tous les rouages de la politique économique et fiscale et n’aura pas besoin de rodage pour prendre en main le ministère dont il a la charge. Il a de surcroît joué un rôle clé dans nombre de batailles conduites à l’Assemblée par le Parti socialiste, et tout particulièrement celle pour faire la clarté sur le scandale Tapie. Il a manifesté dans ce cas une formidable pugnacité.
Il n’empêche ! Lui aussi était un proche de Dominique Strauss-Kahn et défend de longue date des priorités de politique économique d’inspiration également plutôt libérale ou sociale-libérale.
Cela s’est d’ailleurs remarqué pendant la campagne présidentielle puisque Jérôme Cahuzac s’est à plusieurs reprises distingué en donnant des interprétations très libérales du programme de François Hollande et notamment en suggérant que la réforme fiscale prévoyant la fusion de l’impôt sur le revenu et la CSG n’entre pas en vigueur.
Le tandem Moscovici-Cahuzac se charge donc d’un sens politique indéniable : il ne sera pas de nature à apaiser les craintes de la gauche du Parti socialiste et encore moins du Front de gauche. C’est plutôt une sensibilité droitière qui est investie de pouvoirs très puissants.

1 comment:

Anonymous said...

Interesting. What are Fabius's and Cazeneuve's more particular views on what European integration could or could not be, how internationalist are they as socialists? So far all the analyses seems to stop with fact that they opposed the 2005 referendum on that particular Constitution. But one could be against that treaty for good reasons, but still favorable to certain other courses of evolution of the European project, no?