Monday, April 23, 2012

More Travel Coming Up

I will be traveling to Wisconsin tomorrow in order to speak on Wednesday at this event at the EU Center of Excellence there. Later in the week I'll be in Chicago, where my son is a student at the university. So blogging over the next several days may be lighter than usual. Sorry to leave you in the lurch just as the campaign swings into high gear, but please use the comments section to carry on your conversation. Or the Friends of French Politics page on Facebook.

IFOP: Debates Don't Do It

IFOP says that debates have never changed the outcome, Sarkozy has fewer reserves than in 2007, and the MLP report des voix is 48/31/21:

Jérôme Fourquet : Actuellement, les reports que nous observons dans les intentions de vote pour le second tour indiquent que 48 % des électeurs de Marine Le Pen ont l'intention de voter pour Nicolas Sarkozy, 31 % François Hollande, et 21 % sont tentés par l'abstention au second tour.
Don't take this to the bank, however. They got round 1 wrong!

A Question about the Polls and the Vote

Several commenters have suggested that the discrepancy between the FN vote and the polls shows that people are still reluctant to own up to voting for the extreme right (a version of "the Bradley effect," as it were). But no one has explained why the polls overstated Mélenchon's vote. Were left-wing voters perhaps ashamed to say that they were voting for the bland Hollande rather than the fiery Mélenchon? Is it prerferable on the left to be thought a revolutionary rather than a pragmatist?

A different sort of explanation would look at the polls themselves. French pollsters rely on a method of quotas, which requires considerable understanding of the structure of the electorate before sampling begins. Since the parties in France are unstable, especially the minor parties, that knowledge, based on analysis of previous elections, may be incorrect, leading to biased sampling. I don't know enough about the methods used to say why there might have been systematic errors in favor of Mélenchon and against Le Pen. Perhaps the urban concentration of JLM voters as opposed to the periurban concentration of MLP voters has something to do with it, as demographic patterns have been shifting too. In any case, I am skeptical of the "Bradley effect" stories and would suggest that the flaws are in the polls instead. And this raises doubts about the round 2 polling. The polls were actually quite accurate for the top-tier candidates in round 1, but round 2 depends on getting the transfer of votes right, and the poor results for the second- and third-tier candidates indicates that the polls may not have a good handle on this. So I'm not ruling out a significant surprise on May 6.

Girard on the FN Vote

Bernard Girard has a brilliant analysis of the FN vote. It is not the "popular classes" in general that voted for the extreme right, he argues, but the periurban classes living near smaller provincial towns:
Ces classes populaires ont en banlieue, dans la région lyonnaise, en Ile de France, massivement voté à gauche. Ce sont les classes populaires installées dans la périphérie des petites villes de province qui ont apporté leurs voix au Front National. Or, ces électeurs ne sont pas confrontés à l'immigration mais à un triple défi :
- la dégradation des services publics dans les zones rurales qui rend leur vie quotidienne beaucoup plus compliquée, beaucoup plus chère (il leur faut prendre la voiture pour poster une lettre, emmener les enfants à l'école, faire des courses…),
- l'effritement du tissu industriel : ces salariés travaillent dans des PME qui connaissent de vraies difficultés de financement, qui n'ont pas de perspective de croissance, dont la compétitivité s'étiole. Lorsque dans l'une de ces villes, une usine ferme, ce sont des dizaines voire des centaines de salariés qui sont condamnés au chômage ou au déclassement (travailler dans un supermarché quand on a été ouvrier est vécu comme un déclassement professionnel),
- l'effondrement de leurs stratégies de promotion sociale largement basées sur l'achat d'une maison individuelle dans un lotissement bon marché, donc éloigné des centres ville. La perte d'un emploi, un divorce, la perte d'allocations du fait du départ d'un enfant… sont autant de catastrophes économiques dont ils ne peuvent se sortir.

UPDATE: More on this theme from Le Monde:
Une étude Ipsos sur la sociologie des électorats, réalisée du 19 au 21 avril, confirme le pouvoir d'attraction de Marine Le Pen sur les 25-44 ans, qui sont le cœur de la population active. La candidate du Front national réalise son meilleur score (29 %) chez les ouvriers, où elle devance légèrement François Hollande (28 %) et largement Nicolas Sarkozy (18 %).
FRANCE RURALE
Géographiquement, c'est dans la France rurale et l'agglomération de Paris qu'elle est la plus forte. Lorsqu'on interroge ceux qui ont voulu voter pour elle, ils répondent à 67 % "qu'elle répond à leurs préoccupations" et à 55 % "qu'elle représente le changement". Ceux qui ont voté pour elle l'ont d'abord fait par"soutien à un candidat" (64%) plutôt que "par opposition" à un autre candidat (36 %). Et parmi les thèmes qui comptent le plus pour eux figurent l'immigration (62 %), l'insécurité (44 %) et le pouvoir d'achat (43 %).
Le 22 avril 2012 signe l'échec de Nicolas Sarkozy, son incapacité à rééditer l'OPA sur l'électorat lepéniste qu'il avait réussie cinq ans plus tôt. Le président sortant a tout fait pour le reconquérir, allant très loin sur les thèmes de la sécurité et de l'immigration, mais rien n'y fait : la déception suscitée par ses promesses non tenues sur le pouvoir d'achat apparaît rédhibitoire. "Il y a comme un sentiment de trahison", constatait, il y a quelques mois, Alain Mergier.

Bloomberg Radio Appearance

I just did a Bloomberg Radio interview on yesterday's results. I'm not sure if it will be available by Podcast, but this is the Web site.

The FN and the Legislative Elections

Gérard Grunberg argues that the FN's score will allow it to maintain its candidate in the second round of the legislative elections in a large number of districts. Hence there will be many triangulaires, and the UMP will be forced to negotiate, adding further to the strength of the FN.

What's more, I see that my friend Gérard has been influenced by my own interpretation of this election:
Cette situation nouvelle ne concerne pas seulement l’UMP. La gauche elle-même y sera confrontée. En effet, le premier tour de l’élection présidentielle peut être analysé de deux manières différentes. À première vue, il s’agit d’un combat gauche/droite qui devrait s’achever le 6 mai par une victoire de la gauche. Mais en réalité il s’agit aussi et peut-être même surtout, même si elle a été volontairement caché par les deux grands partis de gouvernement, d’une opposition entre d’un côté ces deux partis qui savent que l’avenir de la France est dans une Europe de plus en plus intégrée et donc dans l’acceptation de règles budgétaires contraignantes, et d’un autre côté ceux, FN et FG, qui pensent que la France peut échapper aux contraintes de la mondialisation, des marchés et des règles européennes et qui estiment que la France doit refuser son intégration à l’ « Europe libérale » et reconquérir sa pleine souveraineté.

What's the Matter with the Vaucluse?

What's the matter with Kansas? asked Thomas Frank. I ask, What's the matter with the Vaucluse? That's where Marine Le Pen obtained her highest score (27%). Such a beautiful part of France, yet so perverse in its political choices. MLP did worst in Paris, which the Socialist won for the first time with over 30% of the vote.
La candidate du Front nationale obtient plus de 20 % des suffrages dans onze régions métropolitaines sur vingt-deux (Alsace, Bourgogne, Champagne-Ardenne, Corse, Franche-Comté, Languedoc-Roussillon, Lorraine, Nord-Pas-de-Calais, Haute-Normandie, Picardie, Provence-Alpes-Côte-d'Azur). Elle obtient son meilleur résultat dans le Vaucluse, avec 27,03 % des voix. Au total, elle franchit la barre des 20 % dans quarante-trois départements. C'est à Paris, avec 6,20 % des suffrages, qu'elle recueille son plus mauvais score en métropole.

Hollande Will Recover FN Votes in Working-Class Areas

François Hollande knows full well that there are votes to be had among those who favored Marine Le Pen in the first round. The electoral geography alone shows that there are in particular many working-class voters to whom the Socialist candidate can appeal in terms of republican solidarity:
Un argument qu'il entend faire fructifier dans la lutte finale: "C'est aussi une conception de la République qui sera en cause dans ce scrutin." Mais si le résultat du FN est utilisé comme repoussoir, il fournit également, selon les socialistes, des marges de progression. "Vous avez vu les scores dans le Pas-de-Calais ? C'est énorme", s'inquiétait, dimanche, Aquilino Morelle, directeur adjoint de la campagne et plume du candidat, pour qui "l'idée, c'est de ne pas laisser à Sarkozy les électeurs de l'extrême droite: il y a aussi, parmi eux, des électeurs de gauche égarés."
Cet électorat, quel est-il ? "C'est celui de la France rurale et périurbaine, de la France des villages et de celle du RER, la France qui souffre le plus durement de la mondialisation", explique Olivier Faure, secrétaire général du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et conseiller opinion de M. Hollande.

The Morning After

OK, people, time to sober up. The first thing to say, as TexExile pointed out in comments, is that we should stop hyperventilating about the FN results. Yes, it's an historic high, but it's only 1 percentage point more than her father managed in 2002 (albeit on a significantly higher turnout, so this somewhat understates the FN's increased strength). But the Brown Shirts are not about to sit in the Chancellery. The initial reports of a 20% Le Pen vote did us all a disservice by distracting from the other historic event of the evening: the loss of a sitting president in the first round. This should have been the headline, and the bizarrerie of Sarko's supporters chanting "On a gagné!" when in fact they had suffered a crushing defeat should have attracted more derisory comment than it did.

Second, Hollande is well-placed to win in round 2. The Le Pen vote is not an anti-Socialist vote or a right-wing vote. It is an anti-Sarkozy vote. Buisson's strategy of droitisation dure only strengthened the extreme from which he sprang; it undermined Sarkozy's principal strength, which was and remains his experience. Hollande still has to traverse the minefield of the next two weeks without a major misstep, but he has shown that he knows how to play his own game and avoid forced errors.

Third, no matter which candidate wins, France will be difficult to govern. The constraints imposed by the state of the economy are severe. To be sure, the electorate's expectations are low. The deep divisions over globalization, Europe, and the euro revealed by the vote will remain, and a solution remains elusive and not within the power of the French president alone. There is much missionary work to be done, especially with Germany, and success is not assured. But Hollande's election will signal the need for change, and if the Germans are wise, they will recognize this.