Thursday, May 31, 2012

Rosanvallon-Hollande

I just came upon this interesting dialogue between Pierre Rosanvallon and François Hollande, which took place last year, at the beginning of the primary campaign season. In it, Rosanvallon chides "the Left" for its abstractness:


P.R. Si vous prenez des livres sur la société française qui ont rencontré le succès – Le Quai de Ouistreham de Florence Aubenas ou Les Tribulations d'une caissière d'Anna Sam –, vous voyez la différence. Ces livres sur la précarité résonnent avec le vécu de la société. Si on se contente de dire « il faut lutter contre la précarité et l'exploitation », « développer plus de solidarité », on dit des phrases justes, mais abstraites, à la surface des choses, coupées de l'expérience quotidienne. Il est à mes yeux urgent d'inventer en politique une conceptualisation « sensible » sur laquelle fonder un nouveau langage. D'autant qu'il y a de la concurrence : la phraséologie populiste qui repose sur une conceptualisation simplificatrice et une vision magique de la volonté politique. Elle ne donne consistance au « peuple » qu'en l'opposant par en haut aux élites et par en bas aux immigrés… Le défi pour la gauche dans cette campagne, c'est de trouver un langage où chacun sente que son histoire est prise en charge.

F. H. : Je m'amuse de l'inversion des rôles. Vous êtes le philosophe, je suis le politique, et vous me mettez, à juste titre, en garde contre la conceptualisation et le risque d'une trop grande abstraction des discours politiques. Le danger, en effet, est grand d'oublier de nommer les choses et les gens. Le langage politique cherche, et c'est son honneur, des solutions. Mais il fait comme si les problèmes étaient déconnectés des individus, comme si tout était global et rien n'était personnel, voire charnel, ce qui fait que l'écoute est perdue. La première condition de la crédibilité politique est de partir des situations vécues, de les reconnaître avant même de chercher une issue pour les régler. Il ne s'agit pas de se mettre à la place de chaque individu – la caissière ou l'ouvrier –, mais de parler en leur nom, d'arriver à une proposition politique donnant une perspective à toutes ces expériences singulières.

Draghi Lays It on the Line

Mario Draghi, less reticent than his French predecessor J.-C. Trichet, has blasted the political leadership of the eurozone and put political leaders on notice that things cannot go on as they have for the past two years. The ECB will support solvent banks with liquidity but not insolvent ones. Spain's Bankia is clearly in the line of fire, and Draghi is warning that the next step is up to the politicians.

Bunds with Negative Yields

The flight to safety in Europe has reached such proportions that buyers are taking some German bonds at negative interest rates. Apparently, for some European investors, if they have cash, they'd rather pay to store their money in bunds than to put it in any European bank, whose promises to convert deposits into cash on demand are deemed less credible than Germany's promises to redeem their bonds in five years' time (or else are counting on rising fears to run up the secondary-market price of bunds still further). France has also benefited from the flight to safety (or is it a flight from Germany's negative yields to something slightly less safe but more remunerative?). Despite Sarkozy's warnings that French borrowing costs would rise if Hollande was elected, yields on French bonds have in fact fallen. Compared to the PIGS, France looks solid enough to invest in.