Saturday, July 12, 2014

The Smoking Gun

Le Monde has obtained the recordings of the Herzog-Sarkozy conversations on the "Bismuth" telephone:
Le 5 février, les deux hommes évoquent M. Azibert. « Il m'a parlé d'un truc sur Monaco, parce qu'il voudrait être nommé au tour extérieur », commence Me Herzog. « Je l'aiderai », répond M. Sarkozy, qui lâche cette phrase à propos du magistrat : « Moi, je le fais monter. »
« Ben oui, reprend Me Herzog, parce qu'il va y avoir un poste qui se libère au Conseil d'Etat monégasque et... euh... il était bien placé. Mais, simplement, il me dit... euh... j'ose pas demander. Peut-être qu'il faudra que j'aie un coup de pouce. Ben je lui ai dit : tu rigoles avec ce que tu fais… » « Non, ben t'inquiète pas, dis-lui, coupe M. Sarkozy. Appelle-le aujourd'hui en disant que je m'en occuperai parce que moi je vais à Monaco et je verrai le prince. »
This would appear to constitute a "smoking gun" on the bribery charge, unless, of course, the lawyers manage to get the wiretap evidence ruled inadmissible, in which case the prosecution would collapse. But there's more. Sarkozy and Herzog had a subsequent conversation on their official line in which the ex-president says he changed his mind and would not speak to the Prince of Monaco in Azibert's favor. But he knew that this line was under surveillance, the investigators believe, so they think this denial was deliberately planted. What's more, Sarkozy and Herzog then have the same conversation on the secret line a few minutes later. The investigators think that the existence of the tap on the secret line had been leaked, leading to a panicky attempt to cover up the whole plot.

Pour les policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF), cette discussion est suspecte. C'est en effet la première fois que les deux hommes font référence à M. Azibert sur leurs lignes officielles. Encore plus surprenant, quelques minutes plus tard, M. Sarkozy rappelle son avocat, cette fois sur la ligne Bismuth, pour lui dire… la même chose.
« Bon bah, j'espère que tu ne m'en veux pas, hein ?, lui demande-t-il. Ça ne me pose pas de problème en soi, mais, si tu veux, je ne l'ai pas senti d'en parler, j'ai pas envie. » « Bah oui, mais quand on sent pas quelque chose… », renchérit Thierry Herzog. « Après, moi, j'aime beaucoup le prince, reprend M. Sarkozy, après, s'il y a un problème, c'est moi qui serai responsable, parce qu'on leur aura conseillé de prendre quelqu'un qui ne ferait pas l'affaire. »
Ces deux communications successives suscitent deux interrogations : pourquoi M. Sarkozy prend-il subitement le risque d'évoquer le cas Azibert sur son téléphone officiel ? Et pourquoi rappeler son conseil sur l'autre numéro pour dire exactement la même chose ?
Pour les enquêteurs, la réponse est simple : ils pensent avoir établi que MM. Sarkozy et Herzog ont bénéficié au cours de la journée du 25 février d'une indiscrétion leur ayant permis d'apprendre que leurs portables « secrets » étaient aussi sous surveillance. Sachant leur stratagème téléphonique découvert, et surtout le contenu de leurs précédentes conversations dévoilé, les deux hommes auraient donc adapté leur discours. Et, éventuellement, leurs actes, à savoir que M. Sarkozy aurait renoncé in extremis à intervenir.

Astounding.

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