Wednesday, October 1, 2014

Manifesto of ENS Socialist Section

This manifesto by the PS section at the Ecole Normale Supérieure makes some good points and some less good ones, but this diagnosis of the party's ills strikes me as accurate:
D’abord celle des années 80, quand, aux élites intello-militantes formées dans les années 60 –les Joxe, Rocard, Chevènement, Jospin–, succèdent les techno-élites à la Hollande-Sapin, fils de leur temps et de l’ENA. Eduquées dans l’ombre du pouvoir mitterrandien, qu’ont-elles retenu du vieux Sphinx, qu’elles singent à grand peine et sur la tombe duquel elles se prosternent encore régulièrement? La vanité de toute ambition politique face au réel qui, lui, ne ment pas; la patience de l’alternance; les accommodements avec le pire des institutions de la Ve République; la conviction que toute difficulté est soluble dans la technique administrative; la pratique du double langage et de la langue de bois; le goût des intrigues de palais et des combinaisons de congrès. Pour cette génération sans histoire ni ego, la politique, c’est durer.

Pour la génération des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis.
La génération suivante, celle des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, considère elle qu’une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis. A ses yeux, le 21 avril 2002 est d’abord le résultat d’une communication défaillante. Peu soucieuse de s’affranchir de ses aînés, préférant le buzz et les plans com des spin doctors aux controverses idéologiques, elle s’est soumise avec délice aux exigences des nouveaux médias, réseaux sociaux et chaînes d’info en continu. Pour la génération des années 90, tout en surface, la politique, c’est raconter de jolies histoires.

3 comments:

Massilian said...

One interesting point is :"L’invention du populisme est l'habileté rhétorique des partisans du consensus". Good diagnostic about the previous elites, but who are those fresh young socialists who can write without blinking : "Deux impasses doivent être évitées: le «fédéralisme béat» et le «souverainisme obsidional», (...)". Obsidional..., wow don't tell me you are from the ENS !

FrédéricLN said...

That's fully true imho, and I don't know how far how would make sense also in other countries. But for sure, it makes as much sense for UMP, and it made as much sense in the (last years of) the Jospin administration, and even as soon as in 1982-1983, according to Michel Volle who served in a "cabinet ministériel" then (in the 70's, Volle was in charge of the figures in the Programme Commun, on behalf of PCF, so maybe he is the kind of person who expects substance more than others — btw he is a friend): http://www.volle.com/opinion/matignon.htm

"Lorsque je travaillais avec les gens de Matignon, ils parlaient tout le temps d'"image" et d'"effet d'annonce", cette deuxième expression désignant le gain d'image que procure à son émetteur l'annonce d'une "mesure". Les "mesures" s'appréciaient non selon leur effet réel (l'absence d'instruments appropriés montrait bien que le gouvernement ne se souciait pas de l'évaluer), mais selon l'image qu'elles permettaient de construire, et selon la personne ou le parti qui pouvaient s'approprier l'effet d'annonce…"

"… Ce raisonnement là, notez-le, équivaut à gérer une fonction de production : il s'agit d'obtenir le maximum d'image sous la contrainte de l'équilibre budgétaire. L'image, c'est ce que les médias diffusent, que les citoyens voient sur l'écran de télévision. L'arbitrage, c'est-à-dire la décision du gouvernement puisque c'est à Matignon que tout se décide, sera élastique dans les domaines où existe un enjeu d'image, rigide si cet enjeu n'existe pas, de façon à égaliser partout le coût marginal de l'image à son rendement. Dans cette réflexion, à aucun moment le caractère réel de la demande n'est soupesé."

bernard said...

I am not entirely surely what exact and specific role they assign to ENA, rather than to ENS. Is it politics versus technocracy?

Amusingly, considering that these are ENS students who, I am sure, are not considering joining the ranks of future ENA technocrats, their horrible ENA technocrat, Sapin, is of course an ENS graduate - a real one unlike Macron -, and the archetypical political "animal", Fabius, was likely the first ENS graduate to follow with graduating from ENA.

Now I don't like ENA (it's been around a long time, why now?) any more than the next guy, but I would respectfully suggest to the future intellectual elite to consider the role of the collapse of the East block in the conversion of the political elite to purely middle-middle-class oriented - and less exciting - politics. As Gaullists used to say, "entre les communistes et nous il n'y a rien." So now, "il n'y a rien."

The rest perhaps has to do with the seldom witnessed and incredibly high growth rate of the information technology industry and the subsequent shrinking of "eyesight" where it becomes hard to read further than 40 characters.