Wednesday, October 1, 2014

The "Illiterate" Working Class

In his first interview, Emmanuel Macron tripped over his silver tongue d'énarque. Evoking the difficulties of workers at the troubled Gad meatpacking plant in Brittany, he noted that the advice that employees likely to lose their jobs seek work elsewhere was impractical because in order to travel to nearby factory towns, they would need driver's licenses, which are costly to obtain in France (as much as €1500), and in any case, many of these workers are women and "illiterate" (or more precisely "unlettered"--illettrées as opposed to analphabètes). Macron no doubt thought he was commiserating with the plight of these malheureuses rather than insulting them, but even if their knowledge of Racine and Grevisse is deficient, they're sufficiently literate to decipher the colloquy between the indéboulonnable J.-P. Elkabbach and the Boy Wonder of Bercy and to recognize that the word illettrées expressed, if not contempt for their status, at best a condescension unbecoming in a minister of the Republic. Macron quickly made amende honorable before the chamber of the Assembly, but the damage was done.

Yet the new minister, however insensitive, was not entirely wrong, it seems, about the literary capacities of the Gad work force:
Selon le député du Finistère Gwenegan Bui, la proportion de salariés dans cette situation dans l’usine Gad de Lampaul-Guimiliau serait d’environ 20 % (contre 7 % en moyenne en France), rapporte leMonde. Cela crée des problèmes de reclassement. Emmanuel Marcon décrit une réalité qui existe.
Je défie quiconque aujourd’hui de dire précisément ce qu’est un illettré. Un analphabète n’a pas appris à écrire et à lire : là au moins la situation est nette. Certains dits-illettrés savent rédiger des lettres mais font des fautes. C’est ce qui fera qu’on les qualifiera d’illettrés. Cette catégorie n’est pas très sérieusement définie. On présuppose par ailleurs qu’il y a un lien direct, de cause à effet, entre le fait de ne pas avoir les bonnes qualifications et la perte d’emploi ou la difficulté à en trouver. On occupe la jeunesse au chômage depuis très longtemps par la formation, c’est une solution d’attente, qui peut parfois être utile. Quand dans les années 70, le chômage s’est installé de manière structurelle, les pouvoirs publics ont répondu au problème par le retour à la formation. C’est à cette époque qu’a émergé la notion d’illettrisme. On a inversé la causalité. Le moment où l’on a commencé à observer des gens qui avaient des problèmes à l’écrit – une cause d’échec scolaire – correspond au moment d’apparition du chômage. Les mines et les usines sidérurgiques ferment. Les formateurs disent des chômeurs qu’on leur envoie : ‘ils ont du mal à lire et à écrire’. Le chômage a été une condition de mise en évidence de l’illettrisme, mais on a fini par en faire une des causes du chômage. Il y a de nombreux emplois pour lesquels être fort en orthographe n’est pas très important. Les “illettrés” avec un emploi sont des citoyens comme les autres, qui payent leurs impôts. Mais au moment où ils perdent leur emploi, on commence à rendre leur illettrisme responsable de leur situation. Et certains discours ont laissé entendre que les dits “illettrés” ne seraient pas des citoyens comme les autres.

This incident is thus revealing. The new technocrat on the block is clearly well informed, but his knowledge of the Gad dossier, which he was so eager to show off to the veteran interviewer, who had not asked him about it, betrayed the sensibility that has done so much harm to the Socialist Party. The minister knows his numbers but not his people. He has been too long in Paris and sees the remote provinces only through the wrong end of the statistical telescope. He knows the problem, he may even have ideas about how to solve it, but he can't explain it to the "illiterates" he wants to help. The Good Samaritan is hoist by his own petard.

Manifesto of ENS Socialist Section

This manifesto by the PS section at the Ecole Normale Supérieure makes some good points and some less good ones, but this diagnosis of the party's ills strikes me as accurate:
D’abord celle des années 80, quand, aux élites intello-militantes formées dans les années 60 –les Joxe, Rocard, Chevènement, Jospin–, succèdent les techno-élites à la Hollande-Sapin, fils de leur temps et de l’ENA. Eduquées dans l’ombre du pouvoir mitterrandien, qu’ont-elles retenu du vieux Sphinx, qu’elles singent à grand peine et sur la tombe duquel elles se prosternent encore régulièrement? La vanité de toute ambition politique face au réel qui, lui, ne ment pas; la patience de l’alternance; les accommodements avec le pire des institutions de la Ve République; la conviction que toute difficulté est soluble dans la technique administrative; la pratique du double langage et de la langue de bois; le goût des intrigues de palais et des combinaisons de congrès. Pour cette génération sans histoire ni ego, la politique, c’est durer.

Pour la génération des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis.
La génération suivante, celle des élites communicantes grandies sous le jospinisme triomphant, considère elle qu’une bonne politique est avant tout une succession de coups médiatiques réussis. A ses yeux, le 21 avril 2002 est d’abord le résultat d’une communication défaillante. Peu soucieuse de s’affranchir de ses aînés, préférant le buzz et les plans com des spin doctors aux controverses idéologiques, elle s’est soumise avec délice aux exigences des nouveaux médias, réseaux sociaux et chaînes d’info en continu. Pour la génération des années 90, tout en surface, la politique, c’est raconter de jolies histoires.